Labo virtuel personnel – troisième partie : installation de Debian Core (mode serveur)

Nous allons créer une VM dotée du système d’exploitation GNU/Linux, selon la distribution assez universelle Debian, dans un mode minimal (ou « core »). Cette configuration est idéale pour déployer un serveur basé sur GNU/Linux.

Image ISO d’installation

Il faut tout d’abord récupérer l’image ISO d’installation de Debian, dernière version, pour architecture x64. On prend la version minimale « net install » : les compléments seront téléchargés lors de l’installation (une connexion à Internet est nécessaire).

Le nom du fichier ISO est de cette forme : debian-x.x.x-amd64-netinst.iso

On trouve cette image à l’emplacement suivant (en bas de page) :

https://cdimage.debian.org/debian-cd/current/amd64/iso-cd/

Vérification de l’image téléchargée (option recommandée)

Sur le site indiqué, on peut aussi récupérer les hash SHA256 des images, afin de contrôler l’intégrité du fichier téléchargé. Le fichier des hash est SHA256SUMS

La page web de téléchargement des ISO Debian GNU/Linux

Vérification sous Windows avec l’utilitaire hashcheck (ajoute un onglet « Hachages » sur les propriétés du fichier) :

C’est toujours une bonne précaution de vérifier la signature d’un téléchargement.

Création et configuration de la VM

Depuis VirtualBox, taper CTRL+N (ou menu Machine / Nouvelle), puis choisir le « mode expert » ; attention à bien cocher l’option « skip Unattended Installation ». En effet, on souhaite maîtriser complètement le processus d’installation :

On affecte 1024 MO de RAM et un cœur de CPU :

Configuration de la partie « compute » ; on utilise ici un BIOS standard (legacy) et non EFI, mais c’est juste par habitude. Debian supporte très bien le mode EFI.

Et on crée un nouveau disque VDI de 20 Gio :

configuration de la partie « storage »

On clique « finish » : la machine est créée.

Configuration de la VM

Cliquer sur Configuration, on obtient la page des paramètres de la VM :

Dans la rubrique « Système », choisir une souris PS/2, ceci permettra plus loin de pouvoir désactiver les contrôleurs USB :

On désactive le matériel audio, inutile dans notre cas :

Un principe basique de sécurité informatique : ce qui n’est pas utile doit être désactivé.

Notre VM doit ultimement être connectée sur le LAN, mais pfSense n’a pas encore été configuré, on va donc utiliser pour le moment une connexion de type « NAT » afin qu’elle ait accès à Internet :

La section « advanced » permet notamment de choisir le type d’interface matérielle (laisser par défaut) et de récupérer (ou modifier) l’adresse MAC de cette interface.

On retire l’USB inutile :

La machine est prête. On la lance :

Installation de Debian en mode « core »

Pour la phase d’installation on peut utiliser le mode graphique qui est plus confortable ; voici quelques-unes des étapes importantes :

Il ne faut confondre installation en mode graphique et installation d’une interface graphique sur le système final (cette option est choisir plus loin).

L’écran est un peu différent si on a activé le mode EFI :

Valider plusieurs fois de suite les options linguistiques (France)

La détection automatique des paramètres réseau doit se passer sans encombre si la machine est bien connectée à Internet.

Définir le hostname (nom de la machine) : debian

définition du hostname (nom de la machine)

Domaine : on laisse vide

Mot de passe pour le super-utilisateur root (par exemple simplement « root » car il s’agit de tests uniquement. En production, il faudra quelque chose de plus élaboré : 12 caractères (min, maj, chiffres, caractères spéciaux)

Il est également possible de ne pas saisir de mot de passe pour l’utilisateur root, auquel cas ce compte sera désactivé, et le compte utilisateur défini ensuite aura des droits « d’élévation » (sudoer) pour accéder aux privilèges de root. Ceci peut être utile en mode production, mais pour notre cas, nous activons le compte root :

définir le mot de passe root active le compte root.

On déclare aussi un utilisateur standard (remplacer bien sûr pascal par vos propres prénom et nom) :

Le système propose alors un login (identifiant) ; là aussi utiliser quelque chose qui vous est propre (prénom), mais attention, les caractères utilisables sont limités :

Et mot de passe (idem, rester simple pour les tests) :

Pour le partitionnement et le formatage du disque, on conserve les propositions par défaut :

Attention ici l’option proposée par défaut sera « Non », car cette action efface le disque concerné ; il faut donc choisir « Oui » :

Oui, oui, on veut bien effacer le disque (qui d’ailleurs est totalement vide).

L’installation du système de base commence…

Pas d’autre CD ou DVD supports d’installation, le reste se fera en ligne, via un site de dépôt :

Choix d’un miroir (site de téléchargement des paquets Debian) :

Pas de proxy (sauf cas très particulier lié à votre environnement) :

laisser la zone vide, et continuer.

L’installateur configure le gestionnaire de paquets, puis propose de participer aux statistiques d’utilisation des paquets :

au libre choix de chacun de participer à ces statistiques, consultables sur https://popcon.debian.org

Puis l’installateur propose d’installer des paquets complémentaires, on désélectionne tout (en effet, on veut l’environnement le plus léger possible) :

on ne conserve aucune option, même si certaines semblent pouvoir être utiles plus tard.

Puis enfin, l’installation de GRUB (cette étape n’existe pas si on a choisi l’option EFI) :

Sans installation de GRUB, le système ne démarrera pas !
choisir le disque principal (et unique) pour l’installation de GRUB

L’installation est terminée :

En cliquant sur « continuer », la VM redémarre.

La machine est en mode console, et invite à entrer un login. On se logue en root :

puis on vérifie qu’une IP a bien été attribuée (DHCP) :

# ip -c a

On peut aussi vérifier la connectivité à Internet et la résolution de nom DNS :

# ping 1.1.1.1
# ping debian.org

On lance ensuite les mises à jour :

# apt update
# apt upgrade

Puis on éteint la VM :

# poweroff

Il reste à supprimer le lecteur optique du système ainsi que son contrôleur, devenus inutiles :

Sauvegarde de l’état de la VM

Puis enfin, prendre un instantané (snapshot) de la machine dans cet état initial, pour pouvoir y revenir ensuite, ou réaliser des clones :

donner un nom au cliché, par exemple « post installation ».

Et voilà notre VM terminée ! J’espère que tout s’est passé sans problème pour vous.

Ce genre de machine Debian « core » est la base idéale pour déployer des services : serveurs de base de données, serveur HTTP, Docker, …

Nous utiliserons cette référence pour nos prochaines expériences.

La prochaine étape : cloner cette Debian basique, et lui apporter un environnement du bureau ultra-léger (XFCE4), afin de disposer dans notre labo d’une machine de type « client ». Son rôle sera de nous offrir un environnement graphique (GUI) pour pouvoir administrer « confortablement » à distance les machines de type « serveur », tout en mobilisant le moins de ressources possibles (empreinte légère).